07.07.2008

L,G,B, T et H, égalité

Samedi dernier, c'était la Marche des Fiertés, ex-Gay Pride. Fier d'être homo alors que la société vous dit que vous vous égarez hors du droit chemin...

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L'homosexualité n'est plus sujette à réprobation ou suspicion depuis 1981 (selon la note rédigée par Gaston Deferre, alors ministre de l'intérieur à l'époque : "Aucune suspicion ne saurait peser sur les personnes en fonction de leur seule orientation sexuelle".) Le fichier recensant les homosexuels disparut alors. Et, la même année, la France décide de ne plus suivre le classement de l'OMS qui rangeait l'homosexualité parmi les maladies mentales. Différentes dispositions législatives ont suivi depuis. Notamment la loi du 4 août 1982 dépénalisant l'homosexualité, celle du 25 juillet 1985 qui sanctionne le refus d'embauche ou le licenciement en raison des "mœurs". La discrimination et l'homophobie d'une manière générale sont réprimées en particulier depuis la loi du 30 décembre 2004 qui apporte des modifications de la loi du 29 juillet 1881 sanctionnant les provocations  « à la discrimination, à la haine ou à la violence." Sont en effet ajoutés aux délinquants visés par le texte de 1881 ceux qui "auront provoqué à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes en raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap ou auront provoqué, à l'égard des mêmes personnes, aux discriminations prévues par le Code Pénal." Il a été ajouté le même type de formules aux articles sur les délits de diffamation et d'injure.

La Loi, c'est bien beau, mais (et c'est heureux), elle ne modifie pas les pensées.

Les mentalités ont elles changé à mesure que les textes évoluaient? Je n'en suis pas convaincue. Cela même si j'habite Paris à deux pas du Marais et qu'une bonne partie de mes amis proches sont gays, parfaitement assumés. Sans doute parce que nous évoluons dans des milieux "privilégiés", artistes, auteurs, journalistes...où l'homosexualité n'a rien de tabou, je les ai rarement entendus se plaindre d'être victimes d'injures directes ou de discrimination. 

Mais de sous-entendus odieux, d'insinuation perfides à mi-mots, oui. Elles font mal ces remarques et ces piques entendues aux terrasses des cafés. Elles donnent envie de crier, de frapper. Tout autant que celles qui donnent dans le racisme et l'antisémitisme. Elles s'immiscent dans les discours du sens-commun: "les lesbiennes ne sont pas féminines", "les gays ne sont pas de 'vrais hommes'"; "Ca leur passera, puisque ce n'est pas 'normal'."etc.

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Combien de personnes se considérant hétéros s’interdisent une aventure avec quelqu’un de son sexe parce qu’elles conçoivent leur attirance, ponctuelle, ou non, comme un fantasme pervers ?

Combien de pères et de mères redoutent plus que tout que leur enfant soit homo?

Combien de parents d'élèves craignent pour leurs gamins en amalgamant homosexualité et pédophilie?

On sait qu'aujourd'hui, près d'un jeune homo sur quatre essaie de se suicider, ce qui est treize fois plus que chez les hétéros. Nombre impressionnant causé par un sentiment d'"anormalité" suscité par des préjugés tenaces et rampants. J'ai souvent entendu des témoignages d'homos qui ont grandi en province, honteux de leur orientation sexuelle, et qui ont pu enfin s'épanouir et vivre pleinement leur sexualité en quittant leur famille et en s'installant à Paris. J'ose à peine penser aux quolibets et aux rumeurs dont ils ont du être l'objet. Un lourd poids. Quand je vois un couple de jeunes filles ou garçons qui se tient la main ou s'embrasse dans la rue, je suis heureuse pour eux. De leur amour, peut-être, mais surtout du fait qu'ils s'assument pleinement et ne voient aucune raison de se cacher, de se taire. J'aimerais qu'il en soi de même pour tous. Et la loi ne peut rien pour cela.

On peut saluer les mesures en train d'être prises par Xavier Darcos, ministre de l'éducation pour lutter contre l'homophobie à l'école - mention dans la circulaire de rentrée 2008 la lutte contre l'homophobie, affichage  systématique dès la rentrée de la ligne Azur dans les lycées et une brochure sur l'homophobie, qui sera disponible dans tous les établissements. Est-ce que cela sera-t-il suffisant? Il y a fort à parier que non et il y a sans doute peu à attendre du mandat de Sarkozy pour faire évoluer les lois et les mentalités, lui qui se déclare opposé au mariage et à l'adoption pour les homosexuels.

Et pourtant, malgré les progrès constants en matière législative, de grosses lacunes demeurent, notamment en ce qui concerne les transgenres.  Ceux (celles) -ci sont toujours sujet(te)s au bon vouloir des experts psychiatres et autres médecins, qui, leur refusant le droit à l’autodiagnostic, refusent aux trans le droit de disposer de leur corps. Par exemple, les trans sont prié(e)s de vouloir des organes génitaux «  conformes  » à leur genre social, d’être stériles et d’être hétérosexuel(le)s pour pouvoir demander l’accès au changement d’état civil. Cet acharnement réservé aux trans leur rend ainsi quasiment impossible l’accès à l’emploi et les destine à une vie clandestine.

Autre exemple de non reconnaissance et d'absurdité, cette histoire arrivée il y a quelques mois à un français marié avec son compagnon aux Pays-Bas. La France, ne reconnaissant pas son mariage avec un homme, l’a déchu de sa nationalité lorsqu’il a acquis la nationalité néerlandaise. Ce qui n’aurait pas été le cas si le mariage (ou du moins un contrat civil analogue) était ouvert à tou(te)s en France.

Et puis, il ne faut surtout pas oublier la situation internationale: aujourd'hui, quatre vingt pays pénalisent encore l'homosexualité et elle reste passible de la peine de mort dans neuf d'entre eux : l'Iran, l'Arabie Saoudite, l'Afghanistan, la Mauritanie, le Soudan, le Nigeria (États du nord), le Yémen, le Pakistan, les Émirats Arabes Uni. Cela est insupportable. Nul Etat même s'il est religieux, ne doit pouvoir s'infiltrer dans l'intimité de ses habitants.

Il est urgent que partout les homos, les bi, les trans soient traités d’égal à égal avec les hétéros. Plus encore, il faut qu’il ne se fasse plus aucune catégorisation en fonction des préférences sexuelles. C’est un combat à mener sur tous les fronts, au quotidien, de manière profonde. Je ne sais comment, mais j’en suis. Nous devons partout, tout le temps,  être libres de vivre la sexualité que nous souhaitons sans chercher à rentrer dans des cases.

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Merci à Shadow de m'avoir inspiré ce post et de l'avoir relu (merci aussi à D. pour cela). Je vous invite de Shadow sur son blog:  http://sylviedelnevo.blogspot.com/2008/07/fuck-you.html
Les références législatives sont tirés du livre d'Emmanuel Pierrat, Le sexe et la loi aux éditions de la Musardine 

25.06.2008

Si on me coupe Internet, je quitte la France

Facile à dire, moins facile à faire, mais pourtant...
Le 18 juin dernier, le conseil des ministres a adopté le projet de loi "Création et Internet" porté par la ministre de la Culture, C. Albanel.
Il s'agit, selon le gouvernement, de remplacer le système pénal actuel, jugé inadapté à la "fraude de masse" par un dispositif, je cite, "pédagogique et préventif de "riposte graduée". Moi, dès que le gouvernement vise à faire "pédagogique" et "préventif", mon alarme "libérale" se met à sonner. Dès qu'il se la joue paternaliste - ou plutôt maternaliste, j'ai les poils qui se hérissent et déclenche une veille active.

Le dispositif prévu met donc en place un mécanisme intitulé "riposte graduée" qui présente les caractéristiques suivantes:
-Une nouvelle infraction spécifique à Internet, fondée sur la non-surveillance de sa connexion Internet, et qui vient s’ajouter et non se substituer au délit de contrefaçon déjà existant.
-A cette infraction, sont associés trois niveaux de mesures: l’avertissement, l’avertissement par lettre recommandée et la suspension de l’accès Internet.
-La création d’une liste noire des internautes.
Pour une critique rondement menée de ce dispositif, je vous renvoie à la note proposée par Terra Nova et signée par l'avocat Jean-Baptiste Soufron et le président de l'association des audionautes Aziz Ridouan : "La loi "Création sur Internet", un texte coupé de toute réalité".
Quant à moi, je voudrais simplement m'arrêter sur la sanction consistant à priver un utilisateur de connexion Internet pour avoir téléchargé du son ou de la musique.
Je télécharge:  tant de bonheurs intellectuels à portée de clic, pourquoi m'en priver?
Il est évident que je n'aurais pas acheté tous les films ou chansons que me porte la Mule sur son dos virtuel: à au moins 20€ le DVD et compte tenu de mes filmo et série manies, je serais déjà plus que dans le rouge, ou terriblement frustrée et déconnectée de l'actualité et de l'histoire cinématographique, télévisuelle et musicale. Aurais-je du attendre encore pour découvrir la même année et sans crever mon budget, l'intégrale de Brel, toutes saisons de The West Wing et du Prisonnier , le nouvel album d'Arthur H -que j'ai acquis ensuite pour le plaisir de l'avoir, ces docu TV sur l'Education Nationale ou sur l'histoire du X, ce portrait de Deleuze?
Je paye déjà des taxes quand j'achète des DVD vierges, un disque dur, un lecteur MP3...Celles-ci sont supposées pallier le manque à gagner causé par le téléchargement. La "fraude" est donc déjà prévue, conçue comme quelque chose de commun, normal. Je suis d'ores et déjà susceptible d'être punie pour "contrefaçon". A cela vient donc maintenant la menace de me faire interdire d'Internet à la maison...
Euh, d'abord est-ce qu'Orange, Noos ou Free accepteront vraiment de couper la connexion des milliers de criminels, dangereux tueurs de l'industrie du disque et du film qui opèrent sur les réseaux? A vouloir sauver illusoirement l'industrie du disque, on assassinerait celle des serveurs ADSL.
Mais surtout, compte tenu de l'usage quotidien et nécessaire que nous avons du Net, en interdire l'accès, c'est créer une véritable prison numérique.

Je suis loin de l'utopie Netophile d'il y a quinze ans. En fait, pour beaucoup, Internet, c'est juste une évidence, quelque chose d'indispensable comme sortir,manger, faire ses courses, lire, téléphoner.
C'est un outil quotidien nécessaire. Sans lui, impossible de m'informer largement et correctement, de lire la presse internationale, d'écouter la radio, de rédiger ma thèse et mes blogs, de rester en contact quotidien avec mes collègues et amis, de chercher du travail, de consulter l'itinéraire de mon bus de nuit, la côte de mon bouquin de biblio, de commander des sushis ou un livre à l'étranger...
Privez moi d'Internet et vous m'empêchez de travailler, vous me coupez de presque toute vie sociale, vous m'empêchez d'être informée largement de ce qui se passe dans le Monde et de satisfaire mes questions encyclopédiques et pratiques. Vous me refusez même la possibilité de commander des disques et DVD ...
Tout ça pour quoi? Parce que moi, ou mon Jules, ou mon voisin qui exploite ma connexion wifi avons envie de profiter de ce que le réseau met naturellement à notre portée.
Ce projet de loi est d'une bétise sans nom, aussi con qu'un parent qui priverait tout d'un coup son enfant de repas, d'école et de sortie pour avoir piqué un livre dans sa bibliothèque.
Les effets qu'il vise sont de l'ordre du pur fantasme et les sanctions qu'il envisage sont inadaptées et démesurées, privant l'individu de ses Droits d'Expression et de Communication. Elles empêchent la mobilité professionnelle, le télétravail, ou l'e-commerce, gênent la vie quotidienne, restreignent de façon inacceptable l'accès à l'information et à la culture.
Encore une fois, le gouvernement est à côté de la plaque, complètement coupé des pratiques et réalités sociales. Il établit un dispositif qui va à l'encontre de nos libertés.
Alors, oui, si on me coupe ma connexion Internet en France, j'aurais plus vite fait de m'installer à l'étranger où je pourrais librement exploiter les énormes potentialités du réseau. Même à 4 000 kilomètres d'ici, je passerais à côté de moins d'infos et de personnes intéressantes que si je restais dans mon quartier sans mail, Skype et Firefox.


01.06.2008

Démons alimentaires

Dans mon post intitulé "Boulimie législative" , je m'annonçais quasi-guérie, rescapée de l'anorexie. Quasi-mensonge à moi-même et à mes proches, en fait.

Facile de se bricoler un compromis entre bonne santé physique et névrose alimentaire, et d'y croire... Ca fonctionnait à peu près. Confrontée à la vie quotidienne à deux, force est de m'avouer que je n'ai trouvé qu'un équilibre qui se révèle précaire .

C'est facile de donner le change, de faire semblant quand on vit seule... Force est de reconnaître que mon comportement alimentaire n'est pas "normal", spontané, mais bien plus guidé par des obsessions et des peurs somme toute irrationnelles qui paralysent la simple possibilité de partager un repas qui ne rentrerait pas dans mon dogme du sans-gras, sans viande. Obsessions et peurs qui me font adopter une attitude imprévisible, incompréhensible, celle d'une odieuse enfant gâtée qui ne sait ce qu'elle veut.

Ça me fait mal, je me fais mal, mes démons me minent et je ne sais les repousser. Je sais qu'il faut que je me force, je ne peux plus me complaire dans cette situation. Il est évident qu'en me poussant et en lâchant du lest, je pourrai, enfin, apprécier des saveurs nouvelles, mais le plus important me semble être le partage. Il est hors de question que nous nous préparions des repas chacun pour soi, que la bouffe soit sujet de conflit et de rejet. Je veux réussir à goûter tes plats, à te cuisiner quelque chose qui ressemble à de la cuisine et que tu apprécies, à nous inviter au resto sans passer des heures à disséquer la carte.

Tu tombes à point nommé et il serait ridicule de ne pas saisir la perche que tu me tends. Tu m'as déjà fait saisir l'anormalité de mon comportement, c'est à moi maintenant de te suivre, à prendre sur moi le temps de réapprendre la valeur d'un plat au delà de sa teneur en lipides, qu'au delà de ce qu'il y a dans l'assiette, il y a une symbolique forte.

Je sais bien que je ne cesse de répéter des "il faut, des "je vais" que je n'honore pas, pas encore. Je veux lutter, je l'ai déjà fait, ce sera un pas de plus. Rien qu'un pas, ça peut sembler peu, pour moi, c'est énorme, mais je le vois comme une nécessité, une urgence. 

04.05.2008

Boulimie législative?

Le 16 avril dernier, la proposition de loi "visant à lutter contre les incitations à la recherche d'une maigreur extrême ou à l'anorexie, n° 289" a été adoptée par l'Assemblée. Ses principales dispositions sont les suivantes: peines de deux ans d'emprisonnement et 30 000€ d'amende pour incitation à la maigreur excessive, notamment par la publicité, quelqu'en soit le mode. Peines portées à trois ans et à 45 000€ en cas de décès. Les cibles de cette loi? Les publicitaires qui "utilisent" l'image de femmes décharnées supposées ainsi les porter en canons de beauté pour la société, les créateurs qui font défiler des filles trop maigres, et les sites "pro-ana" dénoncés dans la proposition de loi comme faisant, je cite "l'apologie de l'anorexie comme mode de vie", distillant conseils et ruses pour berner son médecin, se faire vomir ou mater la faim.

Oui, certes, l'anorexie est un problème, social mais avant tout intime. Et cette loi est un leurre, un arbre qui cache la profonde forêt de désespoir, d'angoisse et de mal-être dans laquelle se perdent ces filles qui s'arrêtent de manger. Il y a un fossé colossal entre se mettre au régime aussi strict soit-il pour ressembler à Kate Moss et s'affamer jusqu'à perdre la sensation de faim, et celle de chaleur, saoulée que l'on est par un sentiment de maîtrise. Maîtrise incontrôlée, dangereuse, peut-être fatale. Il ne faut pas juste vouloir avoir un corps conforme aux normes sociales pour supporter, s'infliger le froid, pas juste celui de l'extérieur, mais quelque chose qui pénètre et emplit jusqu'à la moelle. Descendre, s'abîmer dans un enfer privé, incompréhensible par les proches. Oui, j'ai été une de ses ados qui a passé des nuits frigorifiée sous ses trois couettes, sentant les os saillants de ses genoux gros comme des poings serrés se choquer. De celles qui nient leur corps, essayent de l'effacer. S'effacent elles-mêmes de la vie sociale. S'oublient dans la littérature et les études. Se croient fortes alors qu'un coup de vent léger les arracheraient du sol. Non, ce n'est pas la confrontation quotidienne à des représentations de femmes supposées parfaites qui m'a fait plonger. Cette loi est inutile, je dirais même infondée malgré les avis positifs des "éminents experts" (Ruffo, Jeammet et autres pontes médiatiques), ceux-là même d'ailleurs qui ont été incapables de me soigner. Je sais de quoi je parle, pistonnée, forcément, j'ai été suivie par Jeammet. Échec cuisant- 5 kg de moins après la première consultation...L'enfermement, la violence, la répression, voilà leurs méthodes. Comment leur apporter crédit? Ton mal-être, ils s'en foutent, faut faire du score, du chiffre, tant de patients soignés... mais combien d'évaporés dans la nature devant ce mur d'incompréhension. Et là, cette loi arrive avec son ciment et ses parpaings, histoire de bien le renforcer ce mur. Que les  anorexiques échangent leurs "bons plans" sur le Net ne me choque aucunement, comme nous tous, elles s'adaptent, c'est tout, elles en font tout autant lorsqu'elles se retrouvent enfermées dans ces centres de soin où tout contact avec le monde extérieur leur est interdit. Cette communauté virtuelle ou factuelle, et même si on en reste marqué au fer, on peut s'en sortir. Amitié, amour, re-socialisation selon mes propres aspirations et non celles imposées par l'institution scolaire, notamment, tels ont été mes médecins, mes médicaments. Je continue à voir des mannequins décharnés, et puis des plus rondes aussi avec leur 95D et leurs courbes Marylin, chacune a son charme, je ne leur ressemblerai sans doute jamais, mais je n'ai aucunement envie ni de recommencer à m'affamer, ni de me faire poser de la silicone ou teindre en blonde. Aucune résignation, c'est juste que ma maladie, comme un méchant virus, s'est dissipée seule. J'en viens parfois à croire que c'état un passage nécessaire. Il y a un avant et un après (j'ai perdu presque tout souvenir du pendant). Dire que je me suis construite grâce à elle peut sembler choquant et pourtant, je ne serais pas celle que je suis sans elle. Vous ne m'en voudrez pas, dès lors, de ne pas partager votre fondue savoyarde (ou bourguignonne, pas de régionalisme), je garde des traces.. Cela dit, il existe sans doute, comme pour les tatouages et les vergetures des espèces traitements au laser... 

Oui, cette loi est absurde... Une idée pour les législateurs boulimiques en matière de "santé publique": les défrisants et les teintures e peau font ses ravages chez les coiffeurs et esthéticiens afros du quartier de la gare de l'Est. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...

25.04.2008

My Father, My Lord

Traiter de l'orthodoxie religieuse sans austérité, sans manichéisme, sans partisanerie franche, sans blâme, ni louange n'est sans doute pas exercice aisé surtout lorsque cela est fortement autobiographique.

David Volach y parvient avec intelligence et subtilité dans son premier film sorti en salles cette semaine, My Father-my Lord.

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C'est au travers le prisme d'un jeune garçon fils d'un rabbin ultra-orthodoxe qu'il questionne tout en nuances le suivi rigoureux du dogme.

Le choix de l'âge du gamin est fondamental dans la réussite du film: 7 ans environ: l'âge des questions. pas de révolte contre la religion comme cela aurait pu être le cas avec un adolescent), mais des questions naïves à un père somme toute démuni de réponses ("Un chien a-t-il une âme?" ou le pourquoi l'observance de la phrase du Tikouné Hazohar disant: "Quand tu rencontreras un nid d’oiseaux, tu renverras la mère et tu garderas les petits"), une tristesse devant l'obligation paternelle de détruire des images représentant un peuple qui vénère des idoles, un désir de jouer plutôt que de prier... La fraîcheur de son regard permet de sonder les obligations du dogme sans jamais les pointer du doigt. De se demander s'il est normal que la Torah régisse la vie quotidienne dans ses moindres détails. De mettre sa vie dans les mains d'un Dieu.

Le film bascule dramatiquement lors du voyage familial au bord de la mer morte mais poursuit son cheminement non pas argumentatif mais toujours interrogatif, n'imposant aucun point de vue.

Un avion en papier, une bouteille à la mer, une perche à peine tendue... voilà des manières de concevoir les interpellations faites au spectateur. "J'étais dans les mains de Dieu" se justifie pathétiquement le père endeuillé pour se justifier de ne pas avoir veillé en permanence sur son fils. "On ne pleure pas pendant Shabbat" rappelle-t-il à sa femme éplorée.. C'est dans les détails, au détour des dialogues que David Volach induit chez nous l'idée d'absurdité qui émane du strict suivi de la foi. On saisit la perche.. ou non, en pouvant tout aussi bien se dire que s'il est arrivé malheur à l'enfant, c'est parce qu'il ne s'est pas adonné à la prière rituelle comme il aurait du.

Lent et méditatif mais sans ennui, filmé dans des coloris sépias, My Father my lord est teinté d'une certaine mélancolie et d'une grande tendresse évoquant avec pudeur et sobriété l'amour parental et conjugal, l'attachement aux racines. David Volach dit avoir perdu la foi à 25 ans... il n'en garde pas moins un perceptible respect pour les traditions et la famille. Toujours le regard du père sur son fils reste plein d'affection et la mère, extrêmement émouvante, est déchirée en permanence entre le désir de faire plaisir à son garçon et celui de se conformer aux règles religieuses.

Athée convaincue, j'ai néanmoins été formidablement touchée par ce film intimiste et sobre car, comme son auteur, je crois, je ne saurais dénigrer les croyants, à la condition que leur foi ne les empêche pas de penser, de vivre et n'entrave pas les libértés individuelles.

 

 

20.04.2008

Walk on the Wilde side

A l'occasion de la réédition des Aphorismes d'Oscar Wilde chez Arléa, une citation à laquelle j'adhère pleinement:

«Je préfère les personnes aux principes, et je préfère à tout ce qui peut exister au monde les personnes sans principes»

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17.04.2008

Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre.

Du mal avec l'ordre.Le charme de l'uniforme? je ne sais pas ce que c'est. Pas envie qu'on me dise où aller, que faire et comment, encore moins quoi penser (on n'en est pas encore là, quoique...) Pas envie de me sentir zieutée, contrôlée... Et pourtant, c'est tous les jours, quoique tu fasses.

Monoprix, un matin, air de gamine mal réveillée, look improbable et keffieh rouge.Une pause au rayon make-up, ça m'éclate toutes les couleurs de fards à paupières. Évidemment, gorille sur le dos, me scrute, me suis. J'étouffe. Passé l'âge de piquer du rimmel au Monop'. Rien à me reprocher si ce n'est mon envie de flâner un peu... Oppression.

Plus tard pause café chez ma mère. Boulevard Voltaire, parcours des manif' lycéennes. Il est 13h15. Le cortège ne devrait s'élancer que dans plus d'une heure. Les stores des magasins sont clos "pour cause de manifestations", les terrasses des cafés se vident, et les CRS- tortues Ninjas sont déjà là, postés, l'air bête. Une passante leur demande ce qui se passe. La cause de ce black-out diurne?Ils n'en savent rien et retournent échanger des blagues carambars- ce n'est pas un cliché, je les ai écouté, au combien j'aurais aimé avoir un dictaphone sous la main!Prêts à callaisser au besoin, à jouer de la lacrymo. "CRS, SS ?" Slogan ridicule. Ces gaillards armés et anarchés ne savent même pas ce qu'ils foutent là. Si je m'écoutais, je les taperais, au moins pour les forcer à réfléchir. Je n'ose même pas les regarder de peur qu'ils ne m'embarquent comme quand à 16 ans lors d'une manif' anti-dégraissage de mammouth l'un deux m'avait chopée sois-disant parce que je l'avais frappé...Il a certainement eu très mal... Rappelons au passage que malgré ma grande gueule, je suis du genre crevette, 1m58, 45kg... Pas les moyens physiques de m'en prendre à un de ces gros types. Passons...

Arrivée chez ma mère, elle me confirme l'impression de bêtise absolue qui émane de ces tortues ninjas. Il n'en reste pas moins qu'elle m'enjoinr de ne pas traîner dans le quartier... Un débordement est vite arrivé. Pernaut l'a peut-être dit au 13h avant d'aborder la fête des pipes  de Saint Claude. De toute façon, elle a coupé la tv en m'entendant arriver...

Besoin de prendre l'air avant de retourner bosser,il fait beau, ballade à pieds jusqu'à la Concorde. Évidemment, rue Saint Honoré blindée de vigiles devant les magasins de luxe. Arrivée avenue Gabriel. Devant l'ambassade des Etats-Unis. Nez au vent, en pleine conversation téléphonique. "Eh, Mademoiselle, faut traverser maintenant" m'ordonne une voix derrière moi. ??????. Je stoppe net ma phrase, m'arrête. Incompréhension. Qu'est ce que j'ai fait? Encore un qui m'empêche de flâner? Ils savent tous que j'ai une thèse à écrire ou quoi? Non, juste "mesure de sécurité" faut pas marcher là. Rage. J'évite la blague du genre: "t'as raison, je suis Ben Laden, super mon déguisement, hein?". J'obtempère. Fuck.

Je passe sur le contrôle des sacs pour aller voir une expo au Jeu de Paume, et les flics hyper-armés dans le métro en rentrant. 

Accumulation d'uniformes et de petits esprits clos. Je me sens pas plus en sécurité avec tous ces mecs en bleu. C'est même le contraire, comme s'ils étaient le symptôme d'une menace latente, imperceptible. Leur présence entretient la méfiance et l'angoisse. Je n'aime pas ce climat. La France qui se lève tôt a peur. Je n'en fait pas partie.

15.04.2008

Exercice quotidien


podcast
 Berry , Demain sur l'album Mademoiselle
 
 
Prendre l'air, parler à quelqu'un,
Avoir l'air d'aller plutôt bien,
Déjeuner, y penser au moins,
Tenir, tenir, tenir debout et demain,
Décoller de mon traversin,
Faire une liste de trucs qui vont bien,
M'y tenir, essayer au moins,
Tenir, tenir, tenir debout et demain,
Prendre un thé, et puis prendre un bain,
Me coiffer, essayer au moins,
Balancer tout ces vieux machins,
Tenir, tenir, tenir debout et demain.

Plus de chocs, et plus de prières,
Moins de clopes, plus de somnifères,
Refaire la chose que je préfère,
Tenir, tenir, tenir debout et demain,
Appeler quelqu'un qui m'aime bien,
L'étonner, changer de refrain,
L'inviter, manger plus ou moins,
Tenir, tenir, tenir debout et demain,
Mettre une robe, saluer le voisin,
Essayer de plaire à quelqu'un,
M'amuser de tout et de rien,
Tenir, tenir, tenir debout et demain.

Prendre l'air, parler à quelqu'un,
Avoir l'air d'aller plutôt bien,
Déjeuner, y penser au moins,
Tenir, tenir, tenir debout et demain.

Tant mieux!

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Hier soir, mon pote Yann m'a invitée au concert des Wriggles à l'Olympia...

Toujours partante pour un concert, j'étais néanmoins dubitative quant au spectacle: effectif réduit à 3 et dernier CD qui m'avait moyennement séduite.

Mais des l'arrivée des 3 trublions tout de rouge vêtus, mes craintes se sont dissipées. Une super énergie communicative,  un humour féroce qui n'oublie jamais les préoccupations sociales et politiques sans néanmoins tomber dans le discours moralisateur:

 

"La major"

podcast

"Le Complot

podcast

 

et quelques chansons plus sombres, sensibles et mélancoliques (merci Fréderic Volovitch!)comme le très bien senti "Petit Bonhomme":


podcast

ou  "Désolé, mémé":


podcast

Le tout avec une mise en scène intelligente, surprenante et drôle sans accessoire superflu (3 panneaux sur roulettes et un banc pour construire un univers), des pauses "blagounettes" sympas, pas de temps mort 

Bon comme un coup de pif, ce concert! -Merci Yann - en espérant que le prochain spectacle, tu y ailles avec une jolie dulcinée...

 

13.04.2008

jouer avec les mots

Un début de mot, y mettre la suite, sans réfléchir... (si parmi vous, il y en a qui trouvent des explications psychanalytiques à cette liste inutile, je prends! Ca m'amuse)


Voici mes réponses :

1/ Bi-zarre
2/ Car-rure
3/ En-core
4/ Con-ter
5/ Me-rveille
6/ Ta-rot
7/ No-uveau
8/ Anu-aire
9/ Ba-rbapapa
10/ Ap-rès
11/ Se-rvice
12/ Fa-ble
13/ Bi-gorneau
14/ Ma-rmelade
15/ Cr-ustacé
16/ Lu-stucru
17/ Hi-t parade
18/ Lit-térature
19/ Cho-colat
20/ Su-rprise