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03.04.2008
La zona, propriété privée
Un adolescent, Alejandro, vit depuis toujours dans La Zona,une cité résidentielle aisée au coeur de Mexico, entourée de murs imposants et protégée par un service de sécurité privé.
Une nuit, trois adolescents des quartiers pauvres voisins pénètrent dans l’enceinte de La Zona et s'introduisent par effraction dans une des maisons. Mais le cambriolage tourne mal : la propriétaire, une vieille femme, est tuée, et sa domestique, qui parvient à fuirles lieux, prévient la sécurité. Les vigiles interviennent avec rapidité et brutalité : deux des jeunes intrus sont abattus. Le troisième, Miguel, s’échappe, en s’enfonçant encore davantage au coeur de La Zona.
Un groupe de résidents se réunit alors dans la maison des parents d’Alejandro ; ils prennent rapidement la décision de cacher l'incident aux autorités, de traquer l’intrus eux-mêmes et de rendre ainsi leur propre justice. La chasse à l’homme commence.
Les résidents de La Zona - parents et enfants confondus - sont emportés dans un tourbillon frénétique où se mêlent peur, folie et flambée de violence. Ceux qui marquent leur désaccord sont d’abord traités avec suspicion, puis avec une hostilité ouverte.
Lorsqu’Alejandro tombe par hasard sur Miguel, réfugié dans la cave de sa maison, il ne peut se résoudre à livrer l’adolescent terrifié. Parallèlement, la police, avertie par une dénonciation, commence à mener l’enquête sur la disparition des adolescents, mais se heurte au manque de collaboration des résidents.
Alors qu’un vent grandissant de paranoïa souffle sur La Zona, Miguel jure à Alejandro qu’il n’a jamais tué personne, et, contre toute attente, une complicité se noue entre les deux garçons. Désorienté et déchiré entre ses convictions et l’attitude de sa famille, Alejandro décide de l’aider à s’enfuir. Mais l’étau s’est déjà dangereusement resserré…
Extrait du Synopsis de La Zona

Thriller d'anticipation proche haletant, La zona de Rodrigo Pla est avant tout une fable politique glaçante et bouleversante questionnant les dérives sécuritaires des milieux privilégiés, l'isolement et la peur de l'Autre. Jamais démonstratif ou didactique, le film fonctionne grâce à une modestie narrative et une économie de moyens, une mise en scène réaliste et des acteurs brillants. On y retrouve Daniel Gimenez Cacho qui interprétait le prêtre pédophile dans La Mala educacion de Pedro Almodovar. Ici encore, tout en sobriété, il incarne avec intelligence les conflits intérieurs, la tectonique des passions et de la raison. Daniel Tovar,qui interprète Alejandro, est également très juste: d'une attitude, d'un regard absent,il parvient à montrer la différence et l'humanité du personnage qu'il incarne.

Sous ses atours reluisants, la (micro)société mise en scène dans La Zona fait peur. Ses membres, isolés du reste du monde, semblent dépourvus du moindre soupçon d'empathie même à l'égard de leurs proches. Repli sur soi complet. Dans La Zona, on ne se confie pas, on ne s'embrasse pas. Tout est froid, insensible. Les rapports humains sont purement pragmatiques. Aucune confiance en l'Autre. Tant et si bien qu'on fait justice soit même. Plus de dignité humaine. Les corps des deux ados abattus sont destinés à être expédiés vers l'Extérieur dans des sacs poubelles jetés aux ordures. Plus d'intimité, chaque geste est capturé par des caméras de surveillance. S'enfermer, se surveiller mutuellement pour se protéger, tel est le credo des habitants de la Zona. Entretenir la peur du dehors en s'enfermant dans une impression de confort et de sécurité...

Si ce film nous bouleverse tant, c'est qu'il nous renvoie à notre société. Le drame qui se déroule sous nos yeux pourrait ne pas être fictif, et pas seulement aux abords de Neuilly sur Seine. La peur et le mépris de l'Autre, l'égoïsme, le pragmatisme froid semblent devenir à bien des égards des attitudes valorisées par une politique qui stigmatise la "racaille", supporte les dérives policières et sécuritaires et alimente la paranoïa. A ce titre, La Zona est un film marquant et indispensable, une mise en garde politique profonde contre toutes les tentatives d'atteinte aux libertés individuelles et au "tout-sécurité" qui nous menacent.
21:28 Publié dans film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : la zona, mexique, anticipation, rodrigo pla, daniel gimenez cacho, maribel verdu, carlos bardem






























Commentaires
Je sors du cinoche. Ce film est super. Allez le voir!!!!!!
Ecrit par : moué | 17.04.2008
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