« Exercice quotidien | Page d'accueil | Walk on the Wilde side »
17.04.2008
Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre.
Du mal avec l'ordre.Le charme de l'uniforme? je ne sais pas ce que c'est. Pas envie qu'on me dise où aller, que faire et comment, encore moins quoi penser (on n'en est pas encore là, quoique...) Pas envie de me sentir zieutée, contrôlée... Et pourtant, c'est tous les jours, quoique tu fasses.
Monoprix, un matin, air de gamine mal réveillée, look improbable et keffieh rouge.Une pause au rayon make-up, ça m'éclate toutes les couleurs de fards à paupières. Évidemment, gorille sur le dos, me scrute, me suis. J'étouffe. Passé l'âge de piquer du rimmel au Monop'. Rien à me reprocher si ce n'est mon envie de flâner un peu... Oppression.
Plus tard pause café chez ma mère. Boulevard Voltaire, parcours des manif' lycéennes. Il est 13h15. Le cortège ne devrait s'élancer que dans plus d'une heure. Les stores des magasins sont clos "pour cause de manifestations", les terrasses des cafés se vident, et les CRS- tortues Ninjas sont déjà là, postés, l'air bête. Une passante leur demande ce qui se passe. La cause de ce black-out diurne?Ils n'en savent rien et retournent échanger des blagues carambars- ce n'est pas un cliché, je les ai écouté, au combien j'aurais aimé avoir un dictaphone sous la main!Prêts à callaisser au besoin, à jouer de la lacrymo. "CRS, SS ?" Slogan ridicule. Ces gaillards armés et anarchés ne savent même pas ce qu'ils foutent là. Si je m'écoutais, je les taperais, au moins pour les forcer à réfléchir. Je n'ose même pas les regarder de peur qu'ils ne m'embarquent comme quand à 16 ans lors d'une manif' anti-dégraissage de mammouth l'un deux m'avait chopée sois-disant parce que je l'avais frappé...Il a certainement eu très mal... Rappelons au passage que malgré ma grande gueule, je suis du genre crevette, 1m58, 45kg... Pas les moyens physiques de m'en prendre à un de ces gros types. Passons...
Arrivée chez ma mère, elle me confirme l'impression de bêtise absolue qui émane de ces tortues ninjas. Il n'en reste pas moins qu'elle m'enjoinr de ne pas traîner dans le quartier... Un débordement est vite arrivé. Pernaut l'a peut-être dit au 13h avant d'aborder la fête des pipes de Saint Claude. De toute façon, elle a coupé la tv en m'entendant arriver...
Besoin de prendre l'air avant de retourner bosser,il fait beau, ballade à pieds jusqu'à la Concorde. Évidemment, rue Saint Honoré blindée de vigiles devant les magasins de luxe. Arrivée avenue Gabriel. Devant l'ambassade des Etats-Unis. Nez au vent, en pleine conversation téléphonique. "Eh, Mademoiselle, faut traverser maintenant" m'ordonne une voix derrière moi. ??????. Je stoppe net ma phrase, m'arrête. Incompréhension. Qu'est ce que j'ai fait? Encore un qui m'empêche de flâner? Ils savent tous que j'ai une thèse à écrire ou quoi? Non, juste "mesure de sécurité" faut pas marcher là. Rage. J'évite la blague du genre: "t'as raison, je suis Ben Laden, super mon déguisement, hein?". J'obtempère. Fuck.
Je passe sur le contrôle des sacs pour aller voir une expo au Jeu de Paume, et les flics hyper-armés dans le métro en rentrant.
Accumulation d'uniformes et de petits esprits clos. Je me sens pas plus en sécurité avec tous ces mecs en bleu. C'est même le contraire, comme s'ils étaient le symptôme d'une menace latente, imperceptible. Leur présence entretient la méfiance et l'angoisse. Je n'aime pas ce climat. La France qui se lève tôt a peur. Je n'en fait pas partie.
22:51 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note






























Commentaires
même sensation lundi après-midi en passant devant le tribunal de correction... Malaise pour toute la journée... Et là ça me rappelle juste un autre jour, un copain marche avec moi, on est bien, il fait beau, on se ballade, tranquilles, on passe devant le tribunal et là un CRS l'arrête, lui demande ses papiers et le fouille, devant moi, blanche, blonde et voilà, il avait fait quoi? Je ne sais pas, il marchait avec moi et il avait juste la peau mate....
Ecrit par : shadowplay | 18.04.2008
Ecrire un commentaire