01.06.2008

Démons alimentaires

Dans mon post intitulé "Boulimie législative" , je m'annonçais quasi-guérie, rescapée de l'anorexie. Quasi-mensonge à moi-même et à mes proches, en fait.

Facile de se bricoler un compromis entre bonne santé physique et névrose alimentaire, et d'y croire... Ca fonctionnait à peu près. Confrontée à la vie quotidienne à deux, force est de m'avouer que je n'ai trouvé qu'un équilibre qui se révèle précaire .

C'est facile de donner le change, de faire semblant quand on vit seule... Force est de reconnaître que mon comportement alimentaire n'est pas "normal", spontané, mais bien plus guidé par des obsessions et des peurs somme toute irrationnelles qui paralysent la simple possibilité de partager un repas qui ne rentrerait pas dans mon dogme du sans-gras, sans viande. Obsessions et peurs qui me font adopter une attitude imprévisible, incompréhensible, celle d'une odieuse enfant gâtée qui ne sait ce qu'elle veut.

Ça me fait mal, je me fais mal, mes démons me minent et je ne sais les repousser. Je sais qu'il faut que je me force, je ne peux plus me complaire dans cette situation. Il est évident qu'en me poussant et en lâchant du lest, je pourrai, enfin, apprécier des saveurs nouvelles, mais le plus important me semble être le partage. Il est hors de question que nous nous préparions des repas chacun pour soi, que la bouffe soit sujet de conflit et de rejet. Je veux réussir à goûter tes plats, à te cuisiner quelque chose qui ressemble à de la cuisine et que tu apprécies, à nous inviter au resto sans passer des heures à disséquer la carte.

Tu tombes à point nommé et il serait ridicule de ne pas saisir la perche que tu me tends. Tu m'as déjà fait saisir l'anormalité de mon comportement, c'est à moi maintenant de te suivre, à prendre sur moi le temps de réapprendre la valeur d'un plat au delà de sa teneur en lipides, qu'au delà de ce qu'il y a dans l'assiette, il y a une symbolique forte.

Je sais bien que je ne cesse de répéter des "il faut, des "je vais" que je n'honore pas, pas encore. Je veux lutter, je l'ai déjà fait, ce sera un pas de plus. Rien qu'un pas, ça peut sembler peu, pour moi, c'est énorme, mais je le vois comme une nécessité, une urgence. 

Commentaires

Un petit moment que je ne suis pas passé ici.
Ca n'est pas rien, déjà d'en parler même sur ce blog c'est en prendre conscience et c'est une bonne chose.
J'espère qu'à part ça tu vas bien.
Désolé de ne pas t'avoir donné de nouvelles depuis longtemps.

Ecrit par : tonio | 07.06.2008

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