15.04.2008

Tant mieux!

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Hier soir, mon pote Yann m'a invitée au concert des Wriggles à l'Olympia...

Toujours partante pour un concert, j'étais néanmoins dubitative quant au spectacle: effectif réduit à 3 et dernier CD qui m'avait moyennement séduite.

Mais des l'arrivée des 3 trublions tout de rouge vêtus, mes craintes se sont dissipées. Une super énergie communicative,  un humour féroce qui n'oublie jamais les préoccupations sociales et politiques sans néanmoins tomber dans le discours moralisateur:

 

"La major"

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"Le Complot

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et quelques chansons plus sombres, sensibles et mélancoliques (merci Fréderic Volovitch!)comme le très bien senti "Petit Bonhomme":


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ou  "Désolé, mémé":


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Le tout avec une mise en scène intelligente, surprenante et drôle sans accessoire superflu (3 panneaux sur roulettes et un banc pour construire un univers), des pauses "blagounettes" sympas, pas de temps mort 

Bon comme un coup de pif, ce concert! -Merci Yann - en espérant que le prochain spectacle, tu y ailles avec une jolie dulcinée...

 

28.03.2008

Prenez soin de vous

“J'ai reçu un mail de rupture. Je n'ai pas su répondre.
C'était comme s'il ne m'était pas destiné.
Il se terminait par les mots : Prenez soin de vous.
J'ai pris cette recommandation au pied de la lettre.
J'ai demandé à cent sept femmes - dont une à plumes et deux en bois - ,
choisies pour leur métier, leur talent, d'interpréter la lettre sous un angle
professionnel.
L'analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter.
La disséquer. L'épuiser. Comprendre pour moi.
Parler à ma place.
Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme.
Prendre soin de moi.”

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Voilà l'introduction de Sophie Calle à son travail qui a fait l'objet d'un livre et d'une présentation à la Biennale de Venise 2007 et s'installe dans la splendide salle Labrouste de la BNF Richelieu, avec une scénographie brillante de Daniel Buren, jusqu'au 8 juin prochain.

Exercice presque oulipien à la fois ludique et désespéré de mise à distance de la rupture amoureuse, incompréhensible pour la femme délaissée. Manière de se détacher de la violence lâche d'un mail. Exhibition et dissection de l'intime. Vengeance, peut-être, à l'égard de cet homme qui sera qualifié de lâche, dangereux, manipulateur... par les femmes questionnées. Besoin impérieux, en tout cas, de comprendre, par tous les moyens, la consultations de spécialistes:

une médiatrice familiale, une chercheuse en lexicométrie, une correctrice, une dessinatrice, une journaliste d'agence de presse, une juge, une normalienne, une sexologue, une psychanalyste, une publicitaire, une avocate, une commissaire de police, une assistante sociale pénitentiaire, une journaliste, une criminologue, une exégète talmudique, une ado, une chasseur de tête, une physicienne, une spécialiste de littérature française contemporaine, une philosophe, une philosophe morale, une anthropologue, une experte des droits des femmes à l'ONU, une graphiste, une chef d'édition, une écrivain pour la jeunesse, une institutrice, une élève, une romancière, une compositrice, une voyante, une officier DGSE, une psychiatre, une traductrice en langage SMS, une cruciverbiste, une sociologue, une joueuse d'échec, une comptable, une mère, une animatrice radio, des actrices, scénaristes, réalisatrices, chanteuses, musiciennes…, et aussi une marionnette, une poupée de bunraku et un psittacidé.

dissèquent le corps de la lettre, en extraient tout ce qui ,selon leur spécialité, est pertinent. 

Décidément, Sophie Calle est une artiste à part, inclassable. A travers son expérience, ce sont nos pratiques et rapports amoureux qu'elle interroge. Son auto fiction devient vite la nôtre, difficile de ne pas reconnaître l'un(e) de nos ex dans le portrait construit. Nous reconnaître aussi, lâche que nous sommes, parfois,  à quitter l'autre par écrit - mais en y mettant la dose de romanesque et les formes que le média permet. Elle nous questionne, nous fait parler, nous rentrons dans son propre jeu de confidence. J'ai visité l'expo avec une amie que je connais depuis peu: elle s'est naturellement livrée à propos de sa dernière abrupte et douloureuse rupture. Je me suis également confiée. Naturellement.

On peut être dérangé par cette mise en scène de soi. Mais, Sophie Calle nous met à l'aise, à mesure qu'elle se dépossède de son histoire via le regard des autres, elle en fait un objet d'étude, froid et distancié. De fait, jamais n'avons nous l'impression d'être des voyeurs, même malgré nous. Et puis, à mesure que nous la fréquentons à travers ses travaux, Sophie Calle devient presque une amie.

Prends soin de toi, Sophie... 

23.03.2008

Voir rouge

« Parler de couleur rouge est un pléonasme. Le rouge est la couleur par excellence [...] la première de toutes les couleurs. »
Michel Pastoureau, Dictionnaire des couleurs de notre temps, 1992

 

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Vous le savez, enfin, ceux qui me connaissent en vrai, le rouge est ma couleur...

Du carmin au coquelicot, dans ma garde-robe comme dans ma déco, le rouge est mis.

Alors quad j'ai vu que le musée des Arts Décoratifs proposait une expo intitulée "Aussi rouge que possible" promettant d'explorer la symbolique du rouge à travers un accrochage des fonds du musée (ainsi que celui de la mode et de la pub), il fallait que je vois ça, histoire au moins de comprendre mon attraction pour cette couleur et de flatter un peu mes yeux angourdis par le froid hivernal et le manque de sommeil. Dans mon enthousiasme, j'y ai même embarqué une amie. Et...?

Dès le début du parcours soit disant thématique, grosse déception:regroupés artificiellement par thèmes tout aussi artificiels ("rouge danger", "rouge plaisir", "rouge infernal"...) des objets, meubles, costumes, affiches pour le moins hétéroclites, ainsi un fauteuil de Paulin cotoie-t-il un portait papal dans une pièce, une publicité pour Coca Cola une peluche Elmo dans une autre... Impressions que les conservateurs ont fouillé leurs reserves à la recherche de la moindre trace rouge et que les scénographes ont cherché à donner au fatras un semblant d'organisation. Beaux objets souvent , bibelots anecdotiques parfois, tout est mis sur le même plan sans véritable soucis de contextualisation. On aurait aimé des explications moins sommaires, quelque chose de plus didactique. On s'ennuie ferme et on en vient à ne même plus apprécier la qualité esthétique intrinsèque de certaines pièces exposées.

Le principe aurait pu donner lieu à une exposition aussi instructive que réjouissante, c'est juste raté...

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23.02.2008

Les héros ne sont plus ce qu'ils étaient

Chouette découverte artistique pour tous les gamins des 80's dont je suis: le travail de Laurina Paperina exposé pour la première fois en France à la Galerie Magda Danysz jusqu'au 29 mars.

A travers des dessins minimalistes, presque enfantins, elle dynamite les héros de notre enfance et de notre adolescence MTViesques. Sous des airs de naïverté, observation impitoyable et au final assez profonde,néanmoins, d'un monde contemporain  marqué par l'omniprésence des médias et de ses îcones réelles (Mère Thérésa, le pape,  Britney Spears, Brad Pitt, Ben Laden, Bush...et même Sarko et Bruni!) ou imaginaires (Les Simpsons, Beavis and Buthead, Les Schtroupmpfs, Batman). Et puis, c'est drôle, pertinent. De l'art pop-trashy qui ne se prend pas au sérieux, et ça, c'est chouette! Petit Florilège:

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Basquiat
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Les Simpsons
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 Y'avait aussi un tournante de Schtroumpfs entre autres ,mais j'ai pas pu trouver les images, va falloir y aller...

 
 
 
 

 

04.02.2008

Artération

Oui, si je veux, c'est un mot valise composé d'"art" et d'"aération". Quand j'ai besoin de changer d'air et faute d'air frais, pur et d'océan, hop, une expo. C'est souverain. Une nécessité après les aléas organisationnels de cette rentrée du second semestre, un joli bordel. Bref, cette après-midi, visite de la rétrospective consacrée à Chaïm Soutine à la Pinacothèque.

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Je l'avais maintes fois remise, voire pensé ne pas la voir compte tenu du prix exorbitant de l'entrée -fondation privée oblige, 7€ en tarif réduit, ça me tue. Vous me direz que l'art n'a pas de prix, mais, ça entame un chouya le plaisir tout de même, d'autant qu'à l'évidence la scénographie ne remplit pas les promesses de ce qui se présente comme une grande exposition  qui" souhaite aujourd’hui montrer sous un jour nouveau le travail de cet artiste essentiel du début du XXe siècle, grâce à des prêts exposés pour la première et vraisemblablement la dernière fois." Pour la mise en lumière, on repassera, l'obscurité des salles et la faiblesse démonstrative des cartels ne rendant pas aisée la découverte. Mais, passons outre, car l'essentiel est ailleurs, dans les toiles, bien sûr, le blabla des muséographes nous faisant parfois oublier de regarder, mais regarder vraiment les oeuvres. Et, lorsque l'on s'attarde, on est heureux d'avoir fait abstraction du reste, car le travail de Soutine est somme toute fascinant. Torturée, marginale, une peinture du grotesque et de la maladresse du commun des mortels, de la violence de la psyché qui transparaît sur des corps difformes et pourtant si réels. S'il fallait comparer, je dirais un mélange de Cézanne, Modigliani, et Bacon- Soutine a fortement influencé ce dernier. On est happé par ses visages étranges, ses yeux tour à tour perdus ou interrogateurs.

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Soutine aurait mérité plus bel hommage, mais qu'importe! le choc esthétique parvient néanmoins à se produire...  

01.01.2008

best-of arts

Continuons les bilans de fin d'année avec les plus belles et/ou enrichissantes expositions de l'année:

Annette Messager à Beaubourg

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 Helene Schjerfbeck au MAM

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Weegee au Musée Maillol 

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Dominique Gonzalez Foester & Cie. au MAM

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Samuel Beckett à Beaubourg

 
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Moscopolis à l'Espace Louis Vuitton

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Edward Steichen au Jeu de Paume

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Bêtes et hommes à la Grande Halle de la Villette

 
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 De superman au chat du rabbin au Musée d'Art et d'Histoire du Judaisme

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Airs de Paris à Beaubourg

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 Il était une fois Walt Disney au Grand Palais

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Arts factory WinterShow à l'espace Beaurepaire

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Le cinéma expressioniste allemand à la Cinémathèque 

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Pierre et Gilles au Jeu de Paume

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Les nouveaux réalistes au Grand Palais

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 Sots Arts à la Maison Rouge

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Et j'en oublie certainement! Soit une année effervescente et riche dans les musées et les galeries parisiens!

12.12.2007

Juste un baiser

La comédie romantique à la française n'est pas forcément neuneu, guimauve ou vulgaire. Preuve en est le dernier film d'Emmanuel Mouret, Un baiser, s'il vous plaît.

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Ou comment l'effet d'un simple baiser réciproquement apprécié peut tournebouler le cours des choses, transformer l'amitié en amour et rompre les chemins tout tracés. Avec subtilité, charme, tendresse mais non sans loufoquerie, Emmanuel Mouret explore et renouvelle la problématique des relations amoureuses et des amitiés ambiguës , des conflits entre la passion et la raison, la vertu et le désir, la parole et l'acte. 

 Mouret signe là un fin divertissement entre Rohmer (pour le jeu des acteurs notamment)et Queneau (pour le goût des mots) et montre combien son écriture et sa mise en scène ont mûris depuis Changement d'adresse sorti l'an passé, gagnant en gravité et en profondeur. L'amour chez Mouret est à la fois léger et réfléchi, imprévisible mais contenu (parfois), désuet et libre. Il s'agit censément d'une des meilleures comédies romantiques de l'année (si ce n'est la meilleure)parce que délicate, courtoise, aux dialogues très écrits sans être plombants. Sans manichéisme, non plus: pas de coupables dans  les relations amoureuses, c'est juste qu'elles plongent les protagonistes dans des situations inextricables. Les mauvaises langues, à une époque où le sexe est vu comme une performance et où prône l'injonction de la jouissance, trouveront le propos réac'. Au contraire, il est justement terriblement libre et plus contemporain qu'il n'y paraît.


18.11.2007

Roger Parry

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Quelques mots sur l'expo Roger Parry au Jeu de paume (site Sully) qui s'achevait aujourd'hui. Deux mots : éclectisme et anti-élitisme. Eclectisme pour la grande diversité de ses travaux : photographies d'inspiration dada pour des illustrations de Banalité de Léon Paul Fargue, photomontages pour la "promotion" d'ouvrages édités chez Gallimard, dessins "documentaires" de ses voyages en Afrique, photojournalisme, illustrations... Absence d'élitisme ensuite pour avoir su passer de Malraux aux collections "Détectives", de thèmes aux consonnances esthétiques fortes à des sujets quotidiens, voir d'une banalité assez intriguante, proche même, d'une profonde vacuité. Cette diversité est peut-être à la base du sentiment de non-aboutissement que j'ai ressenti. En langage d'instit', ça donnerait : "Bien , mais peut mieux faire s'il s'investit davantage" Au final, une expo sans intérêt majeur- qui , à mon sens, n'aurait pas valu la peine de traverser Paris par temps de grèves. Si intérêt il y a, il concerne l'histoire des pratiques de graphisme, de montage et de mise en page, rappel ,si nécessaire qu'il fût un temps où le montage photographique se faisait à l'aide de colle et de ciseaux.

Ca me désole, tous mes derniers billets ciné/expo ne sont que le reflet d'une certaine déception. Aller, le prochain post "sortie" sera le bon, promis, je vous parle d'un truc vraiment chouette!

14.11.2007

Restée à faire tapisserie

... pendant tout le dernier film de Noèmie Lovsky, Faut que ça danse!

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Énormément de mal à adhérer  à ce gloubiboulga familial et consensuel. Les thèmes annoncés(vieillesse, peur de la mort, folie) n'étaient pas super funky, mais la promesse d'un traitement décalé et subtil -ainsi que les acteurs à l'affiche, Jean Pierre Marielle en tête,  m'avaient fait dégainer ma carte MK2 et m'asseoir au premier rang d'une salle obscure remplie à ras bord. Constat cruel: absence de scénario, onirisme absurde et inutile (voir notamment la scène pseudo freudienne avec Valérie Bruni Tedeschi enceinte jusqu'aux yeux en train d'épouser son père (???)), références aussi convenues qu'inappropriées à la Shoah et à Hitler. On ne sait pas trop quel point de vue adopter... Et cette fâcheuse manie de poser un des personnages en narrateurs!...

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Après des semaines à avoir tapé sur les chroniqueurs de Chronic'Art, je suis tout à fait du point de vue d'Agata Makino, auteur de ce papier:

 

Pile entre Le Grand appartement et Comme t'y es belle, le dernier Lvovsky rafle les tics de la comédie familiale, humour et vivacité en moins. Faut que ça danse ! raconte dans la joie et la bonne humeur (comme le titre l'indique) les aventures d'une famille farfelue. Il faut croire que le film de "famille loufdingue pour le meilleur et pour le pire" est devenu un genre dans le cinéma français. Assez douteux, l'hymne à la famille (élargie tout de même, on inclut quelques pièces rapportées : un bon noir et un gendre idéal maghrébin), à ses bonheurs et à ses peines, vire vite à l'autocongratulation : au fond on s'aime tous tels qu'on est et rien de tel que la naissance d'un enfant pour rassembler la tribu.

Histoire d'approfondir l'affaire et de lui donner un background grinçant, les fantômes de la Deuxième Guerre mondiale sont invités à la fête. Dans l'idéal, on souhaiterait une filiation avec Lubitsch, mais c'est en réalité une parodie grotesque (qu'on qualifiera sans doute commodément d'"humour juif") qui sert de spectre historique. Les rêves du père et de la fille sont hantés par un Hitler bouffon (représenté en pyjama rose à croix gammées ou en nain rigolard dans une séquence dessinée). L'histoire reste une imagerie réflexe qui ne parvient pas une seconde à inquiéter le trajet pépère des personnages.

Bref, la petite famille traverse aussi ses petites crises : le père vieillissant (Jean-Pierre Marielle) est obsédé par la mort, la fille (Valeria Bruni-Tedeschi), pas toute jeune non plus, la quarantaine, tombe enceinte, et la mère éthérée (Bulle Ogier, par ailleurs très bien) sombre dans une folie douce (comme tous les fous, on dirait : voire la séquence béate dans l'asile psychiatrique). Dans le genre vieille France, Le Grand appartement, sans aucun doute grande source d'inspiration de Noémie Lvovsky (elle y apparaissait d'ailleurs en propriétaire intraitable), avait au moins l'avantage d'emballer par le rythme. Faut que ça danse ! n'en a que l'air : ça rame. On rappellera encore pour les derniers réfractaires la scène où Valeria Bruni-Tedeschi accouche dans la bibliothèque d'un asile psychiatrique, filmée en gros plan avec force grimaces et hurlements : d'une grande délicatesse. Bah quoi, faut pas faire sa chochotte !

 Rien à ajouter

13.11.2007

les promesses de Cronenberg

Déception cinéphilique aujourd'hui: Les promesses de l'ombre de D. Cronenberg

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J'avais beaucoup aimé An history of violence et ne craignais donc pas un nouveau film de commande du réalisateur de Crash. D'autant que la "promesse" de retrouver Viggo Mortensen était bien alléchante.

Une plongée dans la mafia russe de Londrès, donc. Dès le début, on sent que Cronenberg ne va pas tenir ses promesses: une gamine russe meurt d'une ruprture placentaire. Son bébé survit et la sage femme le prend d'affection d'autant qu'elle a recueilli le journal intime de la jeune mère... Seulement il est écrit en russe... Ca tombe bien, son oncle est un ancien du KGB... C'est ainsi que s'établit le lien avec la mafia russe britonne, avec Vincent Cassel dans le rôle du fils psychotique du parrain fin cuisinier de bortsch et violeur d'ado pré-pubère à ses heures. Coincé dans cette intrigue pathos et convenue, Mortensen joue les chauffeurs, seulement un truc cloche dans son attitude, il est trop propre sur lui, trop bien coiffé... Je ne vous dévoile pas la fin, que vous aurez d'ailleurs compris en 45min si vous passez le cap de ce qui m'a semblé être une parodie de film de mafia. Preuve de cette parodie, une scène de baston dans les bains douche publics que certains ont déjà qualifiée "d'anthologique"... On est entre la scène des bains publics de La Grande Vadrouille et Street Fighter.  Cette scène ne sert à rien sinon à montrer comment, même tout nu, Viggo, il est super fort contre les méchants. La scène finale fait preuve d'autant de niaiserie avec récupération in extremis du bébé, avec un Cassel (toujours aussi ridicule) en larmes, une Naomie Watts toute émue et un Viggo Mortensen paternaliste. En effet, c'est à pleurer...

Souhaitons que Cronenberg reviennent à ses amours de personnages (réellement) déviants et donc véritablement intéressants. 

 

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