04.05.2008

Boulimie législative?

Le 16 avril dernier, la proposition de loi "visant à lutter contre les incitations à la recherche d'une maigreur extrême ou à l'anorexie, n° 289" a été adoptée par l'Assemblée. Ses principales dispositions sont les suivantes: peines de deux ans d'emprisonnement et 30 000€ d'amende pour incitation à la maigreur excessive, notamment par la publicité, quelqu'en soit le mode. Peines portées à trois ans et à 45 000€ en cas de décès. Les cibles de cette loi? Les publicitaires qui "utilisent" l'image de femmes décharnées supposées ainsi les porter en canons de beauté pour la société, les créateurs qui font défiler des filles trop maigres, et les sites "pro-ana" dénoncés dans la proposition de loi comme faisant, je cite "l'apologie de l'anorexie comme mode de vie", distillant conseils et ruses pour berner son médecin, se faire vomir ou mater la faim.

Oui, certes, l'anorexie est un problème, social mais avant tout intime. Et cette loi est un leurre, un arbre qui cache la profonde forêt de désespoir, d'angoisse et de mal-être dans laquelle se perdent ces filles qui s'arrêtent de manger. Il y a un fossé colossal entre se mettre au régime aussi strict soit-il pour ressembler à Kate Moss et s'affamer jusqu'à perdre la sensation de faim, et celle de chaleur, saoulée que l'on est par un sentiment de maîtrise. Maîtrise incontrôlée, dangereuse, peut-être fatale. Il ne faut pas juste vouloir avoir un corps conforme aux normes sociales pour supporter, s'infliger le froid, pas juste celui de l'extérieur, mais quelque chose qui pénètre et emplit jusqu'à la moelle. Descendre, s'abîmer dans un enfer privé, incompréhensible par les proches. Oui, j'ai été une de ses ados qui a passé des nuits frigorifiée sous ses trois couettes, sentant les os saillants de ses genoux gros comme des poings serrés se choquer. De celles qui nient leur corps, essayent de l'effacer. S'effacent elles-mêmes de la vie sociale. S'oublient dans la littérature et les études. Se croient fortes alors qu'un coup de vent léger les arracheraient du sol. Non, ce n'est pas la confrontation quotidienne à des représentations de femmes supposées parfaites qui m'a fait plonger. Cette loi est inutile, je dirais même infondée malgré les avis positifs des "éminents experts" (Ruffo, Jeammet et autres pontes médiatiques), ceux-là même d'ailleurs qui ont été incapables de me soigner. Je sais de quoi je parle, pistonnée, forcément, j'ai été suivie par Jeammet. Échec cuisant- 5 kg de moins après la première consultation...L'enfermement, la violence, la répression, voilà leurs méthodes. Comment leur apporter crédit? Ton mal-être, ils s'en foutent, faut faire du score, du chiffre, tant de patients soignés... mais combien d'évaporés dans la nature devant ce mur d'incompréhension. Et là, cette loi arrive avec son ciment et ses parpaings, histoire de bien le renforcer ce mur. Que les  anorexiques échangent leurs "bons plans" sur le Net ne me choque aucunement, comme nous tous, elles s'adaptent, c'est tout, elles en font tout autant lorsqu'elles se retrouvent enfermées dans ces centres de soin où tout contact avec le monde extérieur leur est interdit. Cette communauté virtuelle ou factuelle, et même si on en reste marqué au fer, on peut s'en sortir. Amitié, amour, re-socialisation selon mes propres aspirations et non celles imposées par l'institution scolaire, notamment, tels ont été mes médecins, mes médicaments. Je continue à voir des mannequins décharnés, et puis des plus rondes aussi avec leur 95D et leurs courbes Marylin, chacune a son charme, je ne leur ressemblerai sans doute jamais, mais je n'ai aucunement envie ni de recommencer à m'affamer, ni de me faire poser de la silicone ou teindre en blonde. Aucune résignation, c'est juste que ma maladie, comme un méchant virus, s'est dissipée seule. J'en viens parfois à croire que c'état un passage nécessaire. Il y a un avant et un après (j'ai perdu presque tout souvenir du pendant). Dire que je me suis construite grâce à elle peut sembler choquant et pourtant, je ne serais pas celle que je suis sans elle. Vous ne m'en voudrez pas, dès lors, de ne pas partager votre fondue savoyarde (ou bourguignonne, pas de régionalisme), je garde des traces.. Cela dit, il existe sans doute, comme pour les tatouages et les vergetures des espèces traitements au laser... 

Oui, cette loi est absurde... Une idée pour les législateurs boulimiques en matière de "santé publique": les défrisants et les teintures e peau font ses ravages chez les coiffeurs et esthéticiens afros du quartier de la gare de l'Est. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...

03.05.2008

Droit de ne (presque)rien écrire

Tu m'attends peut-être au tournant : "Que va elle écrire maintenant sur son blog à propos de nous deux"?

Eh bien non, à trop écrire je vais tout intellectualiser. Piège. Même si tu titilles en permanence mon intellect, eh, bien voilà une chose que je n'ai pas envie d'analyser.

Instinct. Confiance. Tout ça me va. Juste ça: Je suis bien avec toi. Pas besoin de réfléchir. C'est si évident, si simple.

Pas envie d'écrire davantage sur ce blog à ce (notre) propos. A toi, oui, mais pas ici. Merci de ce que tu me fais vivre, ressentir, comprendre. 

30.04.2008

Comme quoi

Suis sortie enrobée de coton, chancelante. pas eu le courage de prendre le métro, de me refoutre tout de suite dans la violence du monde extérieur. Un taxi. Bonne  idée. Peut-être écoutera -t-il "Rire et chansons" en sourdine, j'aurais eu l'impression d'emmener avec moi un petit bout de (chez) toi. Non. Mais il a eu la grâce de ne pas me parler du temps qu'il fait. Les yeux dans le brouillard, et puis un brouillard épaissi par des larmes pour évacuer l'émotion de cette nuit assez surréaliste. Ta voix, ta peau, ton odeur, ton regard me sont familiers et pourtant tant à découvrir. Des faisceaux de résonances et de connivence entre nous. Une espèce d'évidence étrange. Un confort.  Avec toi, je sens que je peux lâcher ce leste souvent pesant, être moi. Et puis, la trouille aussi, bien sûr, de m'emballer et de retomber plus bas -rassurée néanmoins par ta manière de prendre ton temps.  Suis partie presque à contre coeur, instinct de préservation. J'écris ces mots en presque en rentrant. Difficile de penser à autre chose, le manque de sommeil me saoule, impossible de me concentrer. Se décentrer et se déconnecter un peu, voilà l'affaire de cette après midi, sortir un peu, flâner, regarder qu'autour il y a des gens qui vivent, se parlent. Je travaillerai et je dormirai plus tard.  Je crois au hasard et aux rencontres. Aux sensations. Au contact. A l'empathie. Aux surprises. Mais je suis un peu déboussolée par l'imprévu, sentiment agréable mais confondant, troublant. un peu comme ces frissons que j'ai ressentis quand tu m'a fait écouter les Residents. En suspend.

15.04.2008

Tant mieux!

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Hier soir, mon pote Yann m'a invitée au concert des Wriggles à l'Olympia...

Toujours partante pour un concert, j'étais néanmoins dubitative quant au spectacle: effectif réduit à 3 et dernier CD qui m'avait moyennement séduite.

Mais des l'arrivée des 3 trublions tout de rouge vêtus, mes craintes se sont dissipées. Une super énergie communicative,  un humour féroce qui n'oublie jamais les préoccupations sociales et politiques sans néanmoins tomber dans le discours moralisateur:

 

"La major"

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"Le Complot

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et quelques chansons plus sombres, sensibles et mélancoliques (merci Fréderic Volovitch!)comme le très bien senti "Petit Bonhomme":


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ou  "Désolé, mémé":


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Le tout avec une mise en scène intelligente, surprenante et drôle sans accessoire superflu (3 panneaux sur roulettes et un banc pour construire un univers), des pauses "blagounettes" sympas, pas de temps mort 

Bon comme un coup de pif, ce concert! -Merci Yann - en espérant que le prochain spectacle, tu y ailles avec une jolie dulcinée...

 

11.04.2008

Manque

Un an à peu près, parce que ton intelligence, parce que ta franchise et ta spontanéité, malgré mes larmes et les tiennes- je crois, ça s'est arrêté. J'ai accepté, deuil plus facile quand on sait que l'autre n'a poursuivi qu'un but d'honnêteté. Ma tendresse, à distance, est restée, me réjouissant lorsque tu me disais que ça se passait bien avec elle, continuant à m'amuser de tes mots. J'ai fait une croix, connu d'autres hommes, y ai cru aussi, moins qu'avec toi peut-être, mais pas des kleenex. Je me suis un peu égarée en chemin, c'est sans importance. Je pensais t'avoir oublié.On a continué à se donner des nouvelles, un coucou en passant, ça fait toujours plaisir. Puis on a dit qu'on pourrait aller prendre un café, quand j'ai lancé le truc, j'étais avec quelqu'un, toi aussi. Pas de danger. J'ai appris avec le temps à me préserver. Et puis, on trouve un week end où nos "agendas de ministres" coïncident. Entre temps, tous les deux en solo à nouveau. De part et d'autre, on se raconte nos déboires amoureux, on arrive à en rire, on se confie notre besoin de faire une pause, de savourer un peu la liberté affective. Je t'ai bien entendu à ce moment là et moi, aussi, j'étais sincère. Et pourtant... Quand t'es arrivé, j'ai eu peur qu'on ai rien à se dire, mais non, on a conservé cet univers commun, discussion naturelle, échange, rires. Pas envie de te quitter, besoin de t'envoyer un texto dans le métro en rentrant. J'ai compris que tu m'avais manquée. Confusion des sentiments. Est-ce juste toi, comme ami qui m'a manquée? Ou bien ce sentiment amoureux qui renaît? J'en sais rien. Tu comptes pour moi et ça me chamboule, pas de mélancolie cependant, juste envie que le "à vite" désormais d'usage ne soit pas qu'une formule de politesse.  Peur que tu puisses tomber sur ce texte, mais besoin de l'écrire, une bouteille à la mer, peut-être.
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02.03.2008

une bonne soirée ou le gout des choses simples

C'est simple mais chouette de retrouver des amis qu'on n'a pas vus depuis longtemps,en rencontrer d'autres boire un verre, écouter de la musique dans un bar, improviser un after chez un pote accueillant... Ca fait un bien fou, on rentre chez soi, légèrement grisés, sur le coup de 4h du mat', même pas fatiguée, des rires, des mots et des sourires dans la tête.

De la musique aussi, puisque le prétexte à cette soirée melting potes, c'était un concert de EM à l'Abracadabar

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aller donc visiter leur site...

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lost

Un ami a mis sur son message msn, la phrase suivante: "Je t'aime ne se dit pas. On s'en rend compte".

Munition imparable de tout "handicapé du sentiment". Pour l'autre, il s'agit de trouver des indices, quitte à se les inventer, quitte à tenter de se persuader que oui, on pourrait faire un petit bout de chemin ensemble. Dénicher ces indices dans les gestes, les yeux, quand les mots manquent (ou pas,ou plus d'ailleurs), chercher à décrypter le second degré et l'ironie permanents. Mais il arrive que la méthode Coué finisse par échouer, soudain, comme un flash. Il nous semble alors que ces signaux implicites, on les a vus uniquement parce qu'on le désirait, et que d'amour de son côté... Il n'y en a plus, pas. Peut-on encore aimé sans se sentir aimée? Demeure du désir, l'odeur de sa peau, le goût de ses lèvres qui nous attire. Sentiment de pas assez, frustrant. Impression de s'être fait berner. Viennent les interrogations sur lui, sur soi. On se dit dommage, j'aurais aimé que notre relation progresse, que nous partagions plus que de la nourriture et des caresses, j'aurais aimé parvenir à le décrypter, à lire en lui, à l'amener à se confier à moi, comme je l'ai fait avec lui. Pourquoi ces barrières mises entre moi et le reste de sa vie? Rester avec un homme pour le sexe (très bien, au demeurant), je n'en suis pas capable. Désolant crash en vol. Quid des sentiments survivants? je ne sais pas encore

26.02.2008

Maternité

Que mes amis, mon jules et même ma mère m'en soient témoins, j'ai tendance à materner, m'inquiéter pour un rien à leur sujet, à répondre présente en cas de soucis , même- surtout, lorsque ce n'est pas sollicité. J'appelle, je prends des news, j'accueille, je popotte, je dépanne. "M. soigne ce rhume, quand est ce que tu vas te décider à aller voir un médecin?", "Y., arrête ces bêtises sur le Net, je vais bien réussir à te présenter quelqu'un", "J., fais attention à vélo et maile moi pour dire que tu es bien rentré"... Je reconnais que ça peut virer horripilant. Même ma mère, je la couve, échange de rôles, par la force des choses, elle l'a fait plus souvent qu'à son tour.

Dr Freud, t'expliques ça comment, toi, cette tendance? Besoin (narcissique- peut-être?) de se sentir utile? Responsable? Je veux bien... Est-ce qu'inconsciemment cela correspond à des envies de maternité? C'est vrai que je m'attendris franchement devant les mômes, que les histoires fictionnelles ou non relatives à des enfants, ou au désir d'enfant (comme le film Holy Lola)  me touchent énormément...

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Mais quand une amie, ou comme aujourd'hui, La Noune- petite soeur de vacances, 22 ans à présent, accouche... Bah, je me sens super loin de tout ça, ni envie, ni rejet, juste un "Ouaouh, pour l'instant, c'est pas pour moi!" Je me vois mal, par exemple, me soucier d'une babysitter avant de sortir -dans ma tête, je suis encore la babysitter, même si mes services sont devenus des coups de main occasionnels à des amies devenues mamans. 25 ans, l'âge où nos mères -sauf la mienne, étaient déjà casées et mères ou prêtes à l'être... 25 ans... J'ai déjà du mal à réaliser que je les ai...Quand à être "casée"... Même en couple, je me sens toujours en situation précaire, peur, peut-être injustifiée, mais néanmoins réelle,  que pour un oui pour un non, la relation se brise... Et puis, sentiment de pas être prête à fonder, à construire quelque chose, j'essaie déjà de me construire, moi, et c'est pas une mince affaire. Mais, et je me demandais ça dans les rayons des galeries cette aprem', cherchant avec jubilation un cadeau pour le bébé de la Noune dans la large gamme des peluches post-natales, quand est-ce que qu'on se sent prête? Je sais pas moi, tu reçois un flash de ta bonne étoile, qui te dit:"lâche pillule et capote et lance toi!"? Ou alors, ton horloge biologique tourne et tout d'un coup se met à sonner? Seule certitude, ce n'est pas une décision qui se prend par la réflexion philosophique, "vivre tue" alors, pourquoi faire des mômes avec ces guerres, cette pollution, ce chômage? Je prends donc l'option du flash et on verra bien... Une chose est sûre, si c'est un garçon, je l'appelerais Noé, belle arme nominale pour faire front aux désastres du futur...

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18.02.2008

Guerre des sexes

Vu aujourd'hui Notre Univers impitoyable, film canevas en mode "et si..." de Léa Frazer.

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Je vous laisse découvrir le pitch sur Allociné...

Mise en scène intelligente, bons acteurs, dialogues bien foutus...La thématique de la guerre des sexes maladroitement annoncée sur l'affiche est fort heureusement traitée avec modernité. C'est plus de différence sexuée au sein de l'entreprise dont il est question. Comment, homme ou femme, réagirait-on si l'on était promus à un poste supérieur à son conjoint dans le même cabinet d'avocat? Les stigmates et attitudes induites par la réussite professionnelle sont-elles solubles dans les différences sexuées? 

Le film, malgré une certaine subtilité, n'évite pas les poncifs: l'homme promu finit par se taper sa secrétaire, quant à la femme jolie et bien foutue- forcement, séduite par des arguments joailliers, engage une aventure avec son chef. Cela dit, ce qui domine ce film, ce n'est pas tant la représentation de la "guerre des sexes" mais plutôt celle de la guerre des égos et des ambitions professionnelles. 

Il n'engage pas moins une réfléxion sur la différence entre homme et femme, mais au-delà de toute démarche féministe, heureusement, car cela m'aurait semblé un discours d'arrière garde.

En effet, parce que je suis persuadée qu'hommes et femmes sont égaux et différents, le discours féministe de mémé me semble clairement dépassé.

Pas question de cautionner le machisme résistant, évidemment, ni non plus d'adhérer aux thèses vénusiennes et marsiennes farfelues. Je me sens égale aux hommes à bien des égards, mais pas pareille, et c'est tant mieux.

Oui, je suis en mesure d'avoir un avis, de parler politique, économie, bref de tenir un discours autrefois réservé aux hommes, oui, je peux m'assumer seule, oui, je tiens aux acquis de le liberté sexuelle. Non, je n'aspire pas à mettre le grappin sur un homme, me caser au plus vite pour devenir une gentille  ménagère de moins de 50 ans. Mais oui, s'il le faut, je peux jouer de ma fémininité. et puis, oui, j'aime bien jouer les petites choses fragiles dans les bras de mon homme.

Alors, féministe? peut-être mais sans esprit de compétition et surtout en aimant les hommes, comme amis, comme amants, et détestant les comportements féminins qui tombent sous le cliché, les jeux de séductions ridicules (les "J'attends deux jours pour le rappeler, histoire de le faire poireauter un peu"), les rires niais de celles qui adhèrent toujours aux présupposés de nos grands parents. Il m'arrive même d'être mysogine...et préfère mille fois une soirée avec mes potes (quel luxe d'être la seule fille) à une soirée pyjama entre nanas. Parce qu'entre temps, les mecs aussi sont devenus plus complexes et ont fait leur deuil des stéréotypes à papa. C'est un joli et joyeux mélange, où ce qui prime ce n'est pas le fait d'être homme ou femme, mais la personnalité. 

 

11.02.2008

Supercampus?

On apprend aujourd'hui dans les pages de Libé que Valérie Pecresse s'apprête à lancer "son projet de supercampus":

 Nicolas Sarkozy en rêve - des universités avec de superbes campus à l’américaine qui feront honneur à la France, Valérie Pécresse est en train de le réaliser. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vient de donner le coup d’envoi de l’«opération campus» visant à créer dix pôles universitaires de prestige dotés d’équipement sportifs et culturels, de superbes amphis et de labos de recherche ultramodernes. Le but est de rehausser l’attractivité internationale de la France, perdue dans les classements.

Tout ça est bel et bon semble t-il...  appel aux entreprises privées mis à part... Doter la France de pôles universitaires capables de rivaliser avec ceux des U.S.A ou du Japon, quel beau projet!

Ceci dit, c'est nier les problèmes locaux et somme toute dérisoires que rencontrent les étudiants et les enseignants au jour le jour. C'est d'ailleurs sur une de ces aberrations que Libé clôt son article:

 Récemment le doyen de la faculté de droit et d’économie Jean Monnet de l’université Paris-XI a interdit de brancher les ordinateurs portables dans les amphis car le réseau électrique ne le supporte pas. La ministre a assuré disposer de crédits suffisants dans son budget pour «booster la capacité électrique» des facs.

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En effet, ce qui presse, ce sont des rénovations, des améliorations, plus modestes peut-être, mais qui nous changeraient bien la vie.

Vu du petit bout de ma lorgnette de monitrice à l'UFR de com' de Paris 3, je n'ai de cesse de déplorer des désordres d'organisation et un manque criant de locaux.  Je suis censée assurer deux TD d'une heure et demie le lundi de 10h00 à 11h30 et de 11h30 à 13h00. Premier soucis, faute de salles disponibles, les cours n'ont pas lieux à Censier mais dans une succursale rue de Paradis. Si la rue de Paradis n'est pas, loin sans faut, située dans "un des quartiers les plus mal famés de Paris" (dixit une étudiante de L1 se plaignant au secrétariat), il faut bien avouer que les locaux ne sont pas reluisants, sous sol, sans fenêtre, sans chauffage, une salle qui résonne comme une cathédrale gothique. Mais la seconde déconvenue est d'une autre sorte: la plupart de mes étudiants du premier TD finissent un cours à 10h à Censier... 1 microseconde pour traverser Paris? Valérie aurais-tu un peu de sous pour une machine de télé-transportation pouvant transporter une petite cinquantaine de premières années??? Oui, parce que ce qui est chouette aussi, c'est qu'à ce premier cours, ils sont 50 (contre 20 au second). Compte tenu de la sonorisation de la salle, le moindre chuchotement (ou gloussement, très fréquent chez la post-ado de 18-19ans) est insupportable. Avec ces problèmes d'horaires, j'ai du réduire les deux cours à 1h00, pas beaucoup de temps donc pour leur exposer mon bla-bla sémiotico-marketing et pas non plus pour permettre à tous de s'exprimer comme dans un vrai TD (qui est censé s'opposer par définition à un cours magistral).

Plutôt que de viser la démesure et le prestige... si on nous dotait simplement de moyens pour enseigner dans de bonnes conditions et aux étudiants pour recevoir des cours à peu près corrects. Des compétences et de la motivation, le corps universitaire enseignant en a, pas besoin de grand chantier pour les mettre à profit et prodiguer un enseignement de qualité. Juste un peu de bon sens et sens des priorités suffiraient...

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